12.04.04
Le vote des enfants – Remise en question de notre « démocratie »
Article publié dans La Seigneurie – 4 Décembre 2004
http://monteregieweb.com/main+fr+01_300+Le_vote_des_enfants.html?ArticleID=391966
Plusieurs personnes ont des oeillères lorsqu’il s’agit de parler de réforme de notre sacro-sainte-démocratie. Pour elles, c’est la perfection des systèmes politiques. Mais peut-on vraiment croire que la perfection nous conduit à des dirigeants comme Bush, Blair, Martin, etc.? Certes, le principe de représentants élus par le peuple semble le meilleur aboutissement, mais il y a sans doute moyen d’améliorer notre sort. Si nous avions vraiment atteint la perfection, j’aurais honte d’être humain!
Un problème rarement évoqué dans notre système actuel, c’est la non-représentation de la population totale par les élus (base même de la démocratie), dans le sens où tous les moins de 18 ans sont complètement oubliés. Comme les politiciens font leur programme en fonction du nombre de votes qu’ils auront, nous nous ramassons avec des bibliothèques scolaires où il n’y a même plus de dictionnaire et des coupures de toutes sortes en éducation.
Bien entendu, accorder le droit de vote à un âge plus bas ne semble pas nécessairement la bonne solution étant donné que la capacité de jugement n’est pas développé à pleine capacité chez les enfants et dans une moindre mesure, chez les adolescents. Mais alors, comment faire pour que leurs intérêts soient également pris en compte?
Un système que nous intitulerons « vote familial » ou « vote des enfants » semble être une bonne alternative. Il s’agit d’accorder une pondération de vote aux parents. La formule est simple : « 1 + (le nombre d’enfants à charge/le nombre de parents responsables, soit un ou deux) ». Par exemple, le vote de chacun des parents d’un couple ayant 2 enfants à charge compte pour 2 votes. Celui d’un parent n’ayant qu’un enfant compte pour 1,5 (l’autre demi à l’autre parent). Il me semble que c’est un système tout à fait juste, dans la mesure où les parents ont, en plus de leurs propres intérêts, l’intérêt des enfants en prendre en compte. Avec le vieillissement de la population et le déclin anticipé, c’est une manière équitable pour bien absorber la crise et réduire les conséquences d’injustice sur les plus jeunes.
Faisons un petit calcul mathématique. Imaginons une micro-société composée de 9 individus : un couple avec 4 enfants et 3 célibataires. Le couple risque de voter pour un parti qui va mettre l’accent sur la famille et l’éducation. Avec le système actuel, ça fait 2 votes pour le parti X. Les 3 célibataires ont plus de chances de voter pour un parti qui va tout consacrer à la santé, aux travailleurs et à la retraite en coupant dans tout le reste. Nous aurons donc 3 votes pour le parti Y. Résultat : le parti Y remporte le pouvoir, même s’il représente les intérêts que de 3 personnes sur un total de 9. Dans le système que je propose, le parti X aurait 6 votes (le vote de chacun des parents du couple valant 3, soit 1+4/2) contre 3 pour le parti Y. Le parti X serait donc vainqueur, ce qui serait tout à fait juste compte tenu de la population cible.
Certains croient que la pierre angulaire de la démocratie, c’est le « un citoyen = un vote ». Or, je crois plus que ça devrait être « un humain = un vote », car la notion de citoyen est somme toute bien subjective. Prenons un exemple extrême : si l’âge légal pour être considéré comme citoyen (donc le droit de vote) était de 65 ans, devrait-on oublier tous les moins de 65 ans? Or, comme ceux-ci n’auraient aucun poids politique, c’est ce qui risquerait d’arriver. Certes, le système proposé peut présenter des lacunes, notamment au niveau technique, mais les « principes sacrés » ne sont guère immuables. Il serait dangereux de le penser dans un monde progressiste.