02.26.06
En réponse à madame Louise Beaudoin – Un mauvais chemin
Ce texte a été écrit en réponse à Louise Beaudoin. Elle proposait notamment l’obligation d’alterner le sexe des premiers ministres et d’imposer des quotas minimaux (50%) de femmes parmi les députés. Il fut publié dans La Presse, le 26 février 2006 (p. A-11)
Madame Louise Beaudoin,
Après avoir lu votre texte paru samedi le 18 février 2006 (La Presse – Un long chemin), je n’ai pu m’empêcher de réfléchir un long moment à la portée de vos propos. Bien entendu, en tant qu’ardente féministe, vous dîtes défendre une cause noble, soit l’égalité entre les sexes dans le monde et je ne peux qu’être d’accord.
Mais il y a tout de même une limite à ne pas franchir. Réalisez-vous la teneur de ce que vous proposer? Vous souhaitez vraiment « imposer » une femme à la vie politique? Si la situation est comme vous l’avez décrite au Canada, êtes-vous certaines que c’est par discrimination envers les femmes? Oui, vous avez raison, 20% des élus de sexe féminin, ça semble peu. Mais avez-vous pensé que s’il en est ainsi, c’est peut-être simplement parce qu’il y a moins de femmes que d’hommes qui désirent devenir député, comme il y a moins de femmes que d’hommes qui écoutent le hockey ou aiment la bière. À partir de cette hypothèse dont vous ne dîtes mot, peut-on vraiment parler d’injustice? Vous vous contentez de réagir à un simple constat sans essayer de comprendre pourquoi il en est ainsi.
Malgré ça, vous proposez quand même de briser l’une des pierres angulaires de la démocratie, soit la liberté de choisir le candidat que la population veut vraiment, peu importe son sexe, son ethnie, sa religion, etc. C’est aberrant! Oui, il y a encore du chemin à faire pour l’égalité des sexes, mais de nos jours, ce n’est plus les femmes qui sont discriminées. La situation est inversée. Vous êtes vraiment déconnectée de la réalité si vous pensez le contraire et j’espère que le gros bon sens de la population rejettera votre idée de loi qui obligera la population à voter pour une femme.
En suivant votre logique, nous pourrions énumérer une nombre considérable de situations où les hommes sont grandement défavorisés. Tiens en voilà une : l’espérance de vie des hommes au Canada est de quatre ans inférieure à celle des femmes. Vite, offrons moins de soins de santé aux femmes pour qu’il y ait égalité! Ça doit vous semblez absurde, mais c’est là votre logique : plutôt que d’essayer de voir pourquoi les hommes vivent moins longtemps (par exemple, ils ont plus d’accidents, mangent moins bien, etc.), attaquons-nous directement au résultat pour que la situation semble statistiquement équitable!
Sérieusement, si vous tenez tant à aider la situation des femmes, allez là où il y a besoin, soit dans certains pays musulmans où les femmes, comme vous l’avez mentionné, sont parfois totalement absente de la vie politique. Au Québec, les femmes peuvent désormais atteindre leur plein potentiel d’épanouissement et les statistiques sociales le prouvent.