08.25.08

Le véritable palmarès des médailles

Publié dans Démographie, International, Olympiques, Société tagged , , , , , , , , , , , , , , à 1:49 par G. l'Incorrect

Depuis le début des Jeux olympiques de Pékin, la Chine apparaît dans le tableau des médailles d’à peu près toutes les disciplines. Pour la première fois de son histoire, le pays s’est classé au premier rang pour le nombre de médailles d’or recueillies. 51 médailles d’or et un total de 100 médailles (10 de moins que les États-Unis à 110). Au Canada, on se sent bien faible lorsque l’on se compare 19e rang pour le nombre de médailles d’or et au 15e rang pour le nombre total de médailles. Les pays du Top 5 pour le nombre de médailles sont dans l’ordre les États-Unis, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni et l’Australie.

 

En termes démographiques, ce palmarès brut ne vaut pas grand-chose. Lorsque l’on y pense, c’est évident qu’un pays aussi populeux que la Chine (un sixième de la population mondiale!) gagne beaucoup de médailles : le nombre « d’athlètes potentiels » est beaucoup plus élevé. Ça ne fait donc pas d’elle un pays de super-athlètes dominant le reste du monde, ce n’est qu’une question de probabilité s’ils remportent plus de médailles. De la même manière, il est évident que les États-Unis remporteront plus que médailles avec leurs 300 millions d’habitants que l’Islande, qui en compte 290 000. Dans ce Top 5, seule l’Australie compte moins que 50 millions d’habitants.

 

Pour établir un palmarès standardisé et ainsi savoir quels sont les pays comportant le plus de médaillés en fonction de leur population, nous pouvons calculer le nombre d’habitants par médailles (diviser la population du pays par le nombre de médailles recueillies). Plus le nombre est faible, plus le pays peut être considéré comme « performant », car cela correspond au nombre d’habitants « nécessaires » pour avoir une médaille. En considérant ce nouveau classement, le palmarès est bien différent :

1.   Bahamas (150 000 habitants / médaille)

2.   Jamaïque (240 000 habitants / médaille)

3.   Islande (290 000 habitants / médaille)

4.   Slovénie (400 000 habitants / médaille)

5.   Australie (430 000 habitants / médaille)

34. Canada (1 750 000 habitants / médaille)

43. États-Unis (2 620 000 habitants / médaille)

67. Chine (12 500 000 habitants / médaille)

En termes démographiques, des pays tels que les Bahamas, la Jamaïque ou l’Australie ont beaucoup plus de mérite que les grands pays populeux tels que la Chine. À titre de comparaison, si la Chine était aussi performante que la Jamaïque, son nombre de médailles devrait être de … 5200 (soit plus que le nombre total de médailles accordées lors des Jeux!).

 

Maintenons, considérons que ce n’est pas tous les habitants d’un pays qui ont les mêmes « chances » de gagner une médaille : les enfants et les personnes âgées ne sont pas dans le groupe d’âge moyen des athlètes médaillés! Ainsi, un pays ayant une population très âgée a beaucoup moins « d’athlètes potentiels » qu’un pays où les jeunes adultes sont très nombreux. En considérant que les jeunes adultes sont âgées entre 15 et 39 ans et qu’ils représentent le bassin de la population ayant le potentiel d’être médaillée, nous pouvons standardiser le palmarès en fonction de la structure par âge du pays. En divisant la population âgée de 15 à 39 ans par le nombre de médailles obtenues, nous obtenons le ratio de jeunes adultes par médaille. Le palmarès n’est néanmoins pas tellement différent du précédent :

1.   Bahamas (70 000 jeunes adultes / médaille)

2.   Jamaïque (100 000 jeunes adultes / médaille)

3.   Islande (110 000 jeunes adultes / médaille)

4.   Slovénie (150 000 jeunes adultes / médaille)

5.   Australie (150 000 jeunes adultes / médaille)

33. Canada (620 000 jeunes adultes / médaille)

41. États-Unis (930 000 jeunes adultes / médaille)

68. Chine (5 550 000 jeunes adultes / médaille)

           

En conclusion, les pays qui méritent le plus de félicitations ne sont pas les États-Unis ou la Chine. S’ils sont au sommet du classement, c’est uniquement parce qu’ils sont très populeux. Des pays peu populeux sont nettement plus performants qu’eux. Même le Canada, malgré sa modeste récolte, se classe mieux. Félicitations aux Bahamas et à la Jamaïque, qui eux ont réellement remporté plus que leur part de médailles et accordons une mention d’honneur à l’Australie qui figure dans les 3 Tops 5 vus ici.  

08.17.08

L’« exode » des Québécois en chiffres : qu’en est-il réellement?

Publié dans Canada, Démographie, Immigration, Québec, Société tagged , , , , , , , , , à 2:18 par G. l'Incorrect

Texte publié dans le journal Le Droit le 9 septembre 2008 en page 17

Il n’est pas rare de lire ou d’entendre dans les médias, par le biais des nouvelles, des éditoriaux ou des lettres ouvertes, que le Québec serait une terre d’exode, que la province perd massivement ses gens et ses diplômés. Sans nommer toutes les fois où il en a été question, rappelons seulement qu’à en croire certains, le rêve d’une grande partie de la population serait de quitter la province. Pour appuyer leurs dires, des chiffres bruts sont amenés, sans toutefois prendre le soin de nuancer et de comparer avec les autres provinces. Dans ce texte, j’aimerais rétablir les faits, car la situation est loin d’être aussi alarmante qu’on pourrait le croire : la réalité, c’est que le Québec est la province où il y a le moins de départs au prorata de sa population.
 
À partir des chiffres fournis par Statistique Canada, il est possible d’avoir, pour chaque année et chaque province, une estimation du nombre d’émigrants (les personnes quittant une province pour un autre pays) et le nombre de sortants interprovinciaux (les personnes quittant une province pour s’installer dans une autre). En faisant la somme de ces deux composantes, nous savons qu’il y a en moyenne 40 000 personnes par années qui quittent le Québec depuis 10 ans. Les chiffres peuvent paraître alarmants au premier regard, car il s’agit d’un nombre équivalent aux immigrants qui sont accueillis chaque année dans la province.
 
Précisons d’abord une chose : la mesure comparative des départs de la province doit être en fonction de la population à risque, car il est bien évident qu’il y a plus de personnes qui quittent le Québec (qui compte 7,7 millions d’habitants) qu’il y en a qui quittent l’Île-du-Prince-Édouard (qui compte 130 000 habitants). Premièrement, relativisons les chiffres! Ces départs correspondent à un taux annuel moyen de 5,2‰, c’est-à-dire que pour chaque tranche de 1000 Québécois, 5 personnes quitteront la province par année. Encore alarmant diront certains, mais qu’en est-il ailleurs? En Alberta, le taux de départ annuel moyen est de 18,1‰, pour la même période. En Colombie-Britannique, c’est 14,6‰. En fait, le taux de départ du Québec est le plus faible parmi les 10 provinces canadiennes, tout juste devant l’Ontario qui a un taux de 7,2‰.
 
Parlons maintenant du fameux « exode » des diplômés. Qu’en est-il réellement? Les données du recensement de 2006 permettent de voir, parmi les Canadiens âgés entre 25 et 64 ans qui ont fait des études postsecondaires, la province de résidence actuelle en fonction de la province où les études ont été effectuées. Ainsi, parmi ceux qui ont fait leurs études postsecondaires au Québec, 94% vivaient toujours au Québec en 2006, ce qui veut dire que 6% ont déménagé ailleurs au Canada après avoir obtenu leur diplôme. C’est beaucoup direz-vous? Pourtant, parmi les dix provinces canadiennes, le Québec est de loin celle qui présente le meilleur bilan : l’Alberta n’a conservé que 84% de ses diplômés, la Colombie-Britannique, 90% et l’Ontario, 91%. Dans les provinces maritimes, ces pourcentages sont inférieurs à 75%.
 
Concluons finalement sur une nuance. Dans les deux points précédents, il n’a été question que des sortants et non des entrants (c’est pour cette raison que l’Alberta fait piètre figure, car bien qu’il y ait beaucoup de gens qui quittent cette province, un nombre beaucoup plus grand s’y installent). Or, c’est à ce niveau que le Québec fait moins bien que les autres provinces. Cependant, il faut bien comprendre que le fait de ne pas attirer beaucoup de Canadiens anglais (la raison du solde migratoire interprovincial négatif) est un tout autre débat que le prétendu exode des Québécois. Il est vrai que peu de Canadiens viennent s’installer au Québec, mais en revanche, peu de personnes quittent le Québec et un très grand nombre d’immigrants sont accueillis. Somme toute, ce qui compte démographiquement parlant, c’est le solde migratoire net de la province (la somme des entrants internationaux et interprovinciaux moins les sortants). Au Québec, ce solde migratoire net est largement positif depuis plus de 20 ans. Dans les dernières années, il était d’environ 30 000, c’est-à-dire que chaque année, le Québec gagne 30 000 habitants par le biais des migrations. Cela correspond à un solde net supérieur à celui de la France ou des États-Unis au prorata de la population. En prenant en compte les 10 dernières années, dans l’ensemble du Canada, le Québec se classe au 4e rang à ce niveau, derrière l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique. En considérant une vue d’ensemble et en relativisant, nous voyons que nous sommes néanmoins loin du désastre!

 
 
 
 
 
 

 

08.06.08

Misandrie dans la Presse

Publié dans Canada, Misandrie, Santé tagged , , , , , , , , à 1:58 par G. l'Incorrect

Réaction sur l’article « Le VIH progresse chez les Canadiennes » paru dans La Presse, mardi 5 août 2008.

http://www.cyberpresse.ca/article/20080805/CPACTUEL/80804238/7044/CPACTUALITES

Mardi 5 août 2008, on peut lire dans La Presse l’article intitulé « Le VIH progresse chez les Canadiennes », de la plume d’Ariane Lacoursière. En résumé, il y est question des « piètres » performances du Canada, car le VIH aurait « progressé » chez les femmes, car, paraît-il, les femmes ne constituaient que 11,3% des personnes infectées il y a 10 ans, alors qu’elles sont aujourd’hui 20,7%. Cet article est un exemple parfait de la propagande misandre véhiculée par les féministes vengeresses. Il est étonnant que La Presse sombre dans ce discours fallacieux.

Premièrement, l’article tente de tourner un fait qui désavantage nettement les hommes, pour victimiser encore une fois les femmes. Pensez-y bien : les femmes ne sont que 20,7% des personnes infectées par le VIH… c’est donc que 80% des victimes de la maladie sont des hommes! Pourquoi le titre ne serait-il pas « Les hommes sont encore quatre fois plus souvent infectés par le VIH que les femmes » ? Quelle est l’arrière-pensée de l’auteure? Pour elle, la situation idéale serait que 100% des victimes soient des hommes? N’est-ce pas là un cas typique de misandrie?

Cela nous amène au deuxième point : l’article ne parle aucunement de la progression de la maladie, contrairement à ce que laisse sous-entendre le titre. Si vraiment, le but était d’analyser l’évolution des infections chez les femmes, il faudrait comparer le taux d’incidence de la maladie (nombre de nouveaux cas de personnes malades divisé par la population concernée) il y a 10 ans par rapport au taux d’incidence aujourd’hui. Pourquoi mesurer l’évolution en comparaison avec les hommes, comme s’il y avait une compétition pour que l’un des sexes soit plus ou moins infecté que l’autre? Or, l’article ne mentionne aucunement l’évolution brute de la maladie : tout ce que l’on sait, c’est que parmi les personnes infectées, il y a maintenant 20,7% de femmes. Mais, supposons que le nombre de personnes infectées soit beaucoup plus faible qu’avant, cela signifierait qu’il y aurait eu une nette amélioration de la condition, tant pour les femmes que pour les hommes. L’article n’en dit pas un mot, on ignore l’évolution de l’incidence! C’est pourtant l’essentiel des objectifs de la lutte contre le VIH : que la prévalence soit le plus faible possible!

Quel manque de rigueur intellectuelle et scientifique!