09.14.08
Une analyse juste de l’équité salariale
La question de l’équité salariale entre les hommes et les femmes est récurrente dans les débats sociaux du Québec. Selon plusieurs, les femmes seraient discriminées sur le marché du travail, car paraît-il, leur revenu annuel moyen ne représente que le deux tiers de celui des hommes. Claude Picher, dans une chronique parue le 13 septembre 2008 dans la Presse, fait une analyse sommaire de la situation, jugeant qu’il y a encore une iniquité, mais qu’un lent rattrapage est en cours (le ratio du revenu annuel moyen des femmes par rapport aux hommes étant passé de 60% en 1996 à 66% en 2006). Aux yeux des profanes, la situation demeure scandaleuse : les femmes ont un revenu annuel moyen inférieur à celui des hommes! Néanmoins, selon Picher, le rattrapage devrait se poursuivre, car les nouvelles cohortes de femmes sont de plus en plus éduquées, surtout comparativement à leurs congénères masculins.
La principale erreur présente dans ce genre d’analyse est l’utilisation d’un indicateur qui ne reflète pas bien la réalité. Le revenu annuel est directement lié au temps consacré au travail. Or, celui-ci est beaucoup plus élevé chez les hommes que chez les femmes. Malgré une hausse de leur niveau d’activité par rapport à jadis, des réalités, notamment biologiques (maternité), font en sorte que les femmes ne pourront jamais travailler autant que les hommes. Elles sont également plus nombreuses à travailler à temps partiel ou à être parent au foyer. Ainsi, dans les faits, il est vrai que les femmes ne gagnent que 66% du salaire ANNUEL des hommes, MAIS les femmes travaillent en moyenne 3,1h par jour contre 4,7h pour les hommes, soit le 2/3 du temps de travail (source : Enquête sociale générale sur l’emploi du temps de Statistique Canada)! Ainsi, en ajustant le revenu annuel en fonction du temps consacré au travail, nous constatons que le rattrapage est terminé : le salaire horaire des hommes et des femmes est le même. Certes, certains diront qu’il est « injuste » que les femmes ne puissent pas consacrer autant de temps aux activités professionnelles que les hommes. Par contre, il s’agit là d’un autre débat qu’il ne faut pas confondre avec celui de l’équité salariale : celui du partage des tâches dans un ménage.
Suite à ce constat, l’analyse de Claude Picher ne tient plus : peu importe la scolarité des femmes, le revenu annuel ne rattrapera pas celui des hommes de cette façon. Pour y parvenir, il faudrait faire en sorte que le taux d’activité des femmes augmente radicalement. Or, la réalité biologique fait en sorte que ce sont les femmes qui accouchent et qui allaitent. Il serait donc difficile d’envisager à court terme une « équité » à ce chapitre. Là où il pourrait y avoir amélioration, c’est dans le partage des tâches. Cependant, les efforts ne semblent pas être mis à ce niveau, car le discours féministe est encore et toujours axé sur l’iniquité salariale, même si les données nettes prouvent que cette inégalité n’existe plus.
Bref, pour savoir s’il y a encore de la discrimination faite envers les femmes au niveau salarial, il faut regarder le salaire HORAIRE pour un MÊME emploi, mais il serait étonnant que les féministes montrent ces chiffres, car cela contredirait tout ce qu’elles essaient de faire gober à la population.
09.04.08
La dramatisation extrême de la mission canadienne en Afghanistan
En page couverture de la Presse du 4 septembre 2008, un titre saute aux yeux: “L’hécatombe continue: 96 soldats canadiens tués à ce jour”. Ce titre réfère ensuite à un article signé André Duchesne relatant la mort de 3 soldats Canadiens en Afghanistan. Cela fait suite à de nombreux autres articles, publiés dans tous les médias, affirmant indirectement que le Canada est en train de “perdre” face aux Talibans et que nos soldats se font humilier inutilement.
Ce grand titre devrait être une honte pour tout journaliste voulant informer la population de manière objective et neutre. Il s’agit clairement de sensationnalisme visant à émouvoir les gens. D’abord, qu’est-ce qu’une hécatombe? Au sens figuré, il s’agit d’un massacre. Peut-on réellement parler de “massacre” dans ce cas-ci? Est-ce qu’il y a vraiment un nombre anormalement élevé de militaires décédés?
Il est évident qu’aucun chiffre ne peut soulager la peine des familles et proches des victimes, mais de manière globale, les pertes canadiennes sont TRÈS faibles. La mission a commencé en janvier 2002, soit il y a plus de 6 ans. Cela équivaut donc à moins de 20 décès par année. À titre de comparaison, la guerre au Viet-Nam a entraîné la mort de près de 60 000 Américains, soit environ 4000 par année. Celle d’Irak (2003-) a fait jusqu’à présent plus de 4 000 morts chez les soldats américains. Si nous regardons le nombre de décès dans les autres guerres et comparons, nous constatons que nous sommes loin de l’hécatombe telle que certains essayent de le présenter. Par ailleurs, au Canada, un nombre beaucoup plus élevé de personnes décèdent annuellement sur les routes (3000 personnes), par noyade (250 personnes), par meurtre (500 personnes) et se suicide (3500 personnes). Ces décès, contrairement à ceux des militaires, sont complètement inutiles et peu s’en offusquent.
Maintenant, ces militaires canadiens sont-il morts inutilement? Est-on réellement en train de se faire “massacrer”? Le nombre de Talibans décédés se chiffre en millier! Les pertes sont beaucoup plus grandes chez l’ennemi. Par ailleurs, plusieurs zones du pays sont maintenant sécurisées et la reconstruction commence. Les résultats d’une mission comme celle-ci ne peuvent pas être instantanés. Oui, le but de la mission est pacifique, mais pour reconstruire le pays, il faut y aller étape par étape. En bref et de manière très simpliste:
Étape 1: éliminer la menace des Talibans pour pouvoir reconstruire le pays sans se faire tuer
Étape 2: reconstruire le pays
Certains veulent sauter l’étape 1 et passer directement à l’étape 2, ce qui est logiquement impossible.