09.04.08

La dramatisation extrême de la mission canadienne en Afghanistan

Publié dans Canada, International, Politique, Société tagged , , , , , , , , à 10:11 par G. l'Incorrect

En page couverture de la Presse du 4 septembre 2008, un titre saute aux yeux: “L’hécatombe continue: 96 soldats canadiens tués à ce jour”. Ce titre réfère ensuite à un article signé André Duchesne relatant la mort de 3 soldats Canadiens en Afghanistan. Cela fait suite à de nombreux autres articles, publiés dans tous les médias, affirmant indirectement que le Canada est en train de “perdre” face aux Talibans et que nos soldats se font humilier inutilement.

Ce grand titre devrait être une honte pour tout journaliste voulant informer la population de manière objective et neutre. Il s’agit clairement de sensationnalisme visant à émouvoir les gens. D’abord, qu’est-ce qu’une hécatombe? Au sens figuré, il s’agit d’un massacre. Peut-on réellement parler de “massacre” dans ce cas-ci? Est-ce qu’il y a vraiment un nombre anormalement élevé de militaires décédés? 

Il est évident qu’aucun chiffre ne peut soulager la peine des familles et proches des victimes, mais de manière globale, les pertes canadiennes sont TRÈS faibles. La mission a commencé en janvier 2002, soit il y a plus de 6 ans. Cela équivaut donc à moins de 20 décès par année. À titre de comparaison, la guerre au Viet-Nam a entraîné la mort de près de 60 000 Américains, soit environ 4000 par année. Celle d’Irak (2003-) a fait jusqu’à présent plus de 4 000 morts chez les soldats américains. Si nous regardons le nombre de décès dans les autres guerres et comparons, nous constatons que nous sommes loin de l’hécatombe telle que certains essayent de le présenter. Par ailleurs, au Canada, un nombre beaucoup plus élevé de personnes décèdent annuellement sur les routes (3000 personnes), par noyade (250 personnes), par meurtre (500 personnes) et se suicide (3500 personnes). Ces décès, contrairement à ceux des militaires, sont complètement inutiles et peu s’en offusquent.

Maintenant, ces militaires canadiens sont-il morts inutilement? Est-on réellement en train de se faire “massacrer”? Le nombre de Talibans décédés se chiffre en millier! Les pertes sont beaucoup plus grandes chez l’ennemi. Par ailleurs, plusieurs zones du pays sont maintenant sécurisées et la reconstruction commence. Les résultats d’une mission comme celle-ci ne peuvent pas être instantanés. Oui, le but de la mission est pacifique, mais pour reconstruire le pays, il faut y aller étape par étape. En bref et de manière très simpliste:

Étape 1: éliminer la menace des Talibans pour pouvoir reconstruire le pays sans se faire tuer
Étape 2: reconstruire le pays

Certains veulent sauter l’étape 1 et passer directement à l’étape 2, ce qui est logiquement impossible.

02.26.06

En réponse à madame Louise Beaudoin – Un mauvais chemin

Publié dans Canada, Féminisme, Misandrie, Politique, Québec, Société tagged , , , , , , , , à 1:20 par G. l'Incorrect

Ce texte a été écrit en réponse à Louise Beaudoin. Elle proposait notamment l’obligation d’alterner le sexe des premiers ministres et d’imposer des quotas minimaux (50%) de femmes parmi les députés. Il fut publié dans La Presse, le 26 février 2006 (p. A-11)

Madame Louise Beaudoin,
Après avoir lu votre texte paru samedi le 18 février 2006 (La Presse – Un long chemin), je n’ai pu m’empêcher de réfléchir un long moment à la portée de vos propos. Bien entendu, en tant qu’ardente féministe, vous dîtes défendre une cause noble, soit l’égalité entre les sexes dans le monde et je ne peux qu’être d’accord.

Mais il y a tout de même une limite à ne pas franchir. Réalisez-vous la teneur de ce que vous proposer? Vous souhaitez vraiment « imposer » une femme à la vie politique? Si la situation est comme vous l’avez décrite au Canada, êtes-vous certaines que c’est par discrimination envers les femmes? Oui, vous avez raison, 20% des élus de sexe féminin, ça semble peu. Mais avez-vous pensé que s’il en est ainsi, c’est peut-être simplement parce qu’il y a moins de femmes que d’hommes qui désirent devenir député, comme il y a moins de femmes que d’hommes qui écoutent le hockey ou aiment la bière. À partir de cette hypothèse dont vous ne dîtes mot, peut-on vraiment parler d’injustice? Vous vous contentez de réagir à un simple constat sans essayer de comprendre pourquoi il en est ainsi.

Malgré ça, vous proposez quand même de briser l’une des pierres angulaires de la démocratie, soit la liberté de choisir le candidat que la population veut vraiment, peu importe son sexe, son ethnie, sa religion, etc. C’est aberrant! Oui, il y a encore du chemin à faire pour l’égalité des sexes, mais de nos jours, ce n’est plus les femmes qui sont discriminées. La situation est inversée. Vous êtes vraiment déconnectée de la réalité si vous pensez le contraire et j’espère que le gros bon sens de la population rejettera votre idée de loi qui obligera la population à voter pour une femme.

En suivant votre logique, nous pourrions énumérer une nombre considérable de situations où les hommes sont grandement défavorisés. Tiens en voilà une : l’espérance de vie des hommes au Canada est de quatre ans inférieure à celle des femmes. Vite, offrons moins de soins de santé aux femmes pour qu’il y ait égalité! Ça doit vous semblez absurde, mais c’est là votre logique : plutôt que d’essayer de voir pourquoi les hommes vivent moins longtemps (par exemple, ils ont plus d’accidents, mangent moins bien, etc.), attaquons-nous directement au résultat pour que la situation semble statistiquement équitable!

Sérieusement, si vous tenez tant à aider la situation des femmes, allez là où il y a besoin, soit dans certains pays musulmans où les femmes, comme vous l’avez mentionné, sont parfois totalement absente de la vie politique. Au Québec, les femmes peuvent désormais atteindre leur plein potentiel d’épanouissement et les statistiques sociales le prouvent.

12.04.04

Le vote des enfants – Remise en question de notre « démocratie »

Publié dans Démographie, Politique, Société tagged , , , , , , à 1:13 par G. l'Incorrect

Article publié dans La Seigneurie – 4 Décembre 2004
http://monteregieweb.com/main+fr+01_300+Le_vote_des_enfants.html?ArticleID=391966

Plusieurs personnes ont des oeillères lorsqu’il s’agit de parler de réforme de notre sacro-sainte-démocratie. Pour elles, c’est la perfection des systèmes politiques. Mais peut-on vraiment croire que la perfection nous conduit à des dirigeants comme Bush, Blair, Martin, etc.? Certes, le principe de représentants élus par le peuple semble le meilleur aboutissement, mais il y a sans doute moyen d’améliorer notre sort. Si nous avions vraiment atteint la perfection, j’aurais honte d’être humain!

Un problème rarement évoqué dans notre système actuel, c’est la non-représentation de la population totale par les élus (base même de la démocratie), dans le sens où tous les moins de 18 ans sont complètement oubliés. Comme les politiciens font leur programme en fonction du nombre de votes qu’ils auront, nous nous ramassons avec des bibliothèques scolaires où il n’y a même plus de dictionnaire et des coupures de toutes sortes en éducation.

Bien entendu, accorder le droit de vote à un âge plus bas ne semble pas nécessairement la bonne solution étant donné que la capacité de jugement n’est pas développé à pleine capacité chez les enfants et dans une moindre mesure, chez les adolescents. Mais alors, comment faire pour que leurs intérêts soient également pris en compte?

Un système que nous intitulerons « vote familial » ou « vote des enfants » semble être une bonne alternative. Il s’agit d’accorder une pondération de vote aux parents. La formule est simple : « 1 + (le nombre d’enfants à charge/le nombre de parents responsables, soit un ou deux) ». Par exemple, le vote de chacun des parents d’un couple ayant 2 enfants à charge compte pour 2 votes. Celui d’un parent n’ayant qu’un enfant compte pour 1,5 (l’autre demi à l’autre parent). Il me semble que c’est un système tout à fait juste, dans la mesure où les parents ont, en plus de leurs propres intérêts, l’intérêt des enfants en prendre en compte. Avec le vieillissement de la population et le déclin anticipé, c’est une manière équitable pour bien absorber la crise et réduire les conséquences d’injustice sur les plus jeunes.

Faisons un petit calcul mathématique. Imaginons une micro-société composée de 9 individus : un couple avec 4 enfants et 3 célibataires. Le couple risque de voter pour un parti qui va mettre l’accent sur la famille et l’éducation. Avec le système actuel, ça fait 2 votes pour le parti X. Les 3 célibataires ont plus de chances de voter pour un parti qui va tout consacrer à la santé, aux travailleurs et à la retraite en coupant dans tout le reste. Nous aurons donc 3 votes pour le parti Y. Résultat : le parti Y remporte le pouvoir, même s’il représente les intérêts que de 3 personnes sur un total de 9. Dans le système que je propose, le parti X aurait 6 votes (le vote de chacun des parents du couple valant 3, soit 1+4/2) contre 3 pour le parti Y. Le parti X serait donc vainqueur, ce qui serait tout à fait juste compte tenu de la population cible.

Certains croient que la pierre angulaire de la démocratie, c’est le « un citoyen = un vote ». Or, je crois plus que ça devrait être « un humain = un vote », car la notion de citoyen est somme toute bien subjective. Prenons un exemple extrême : si l’âge légal pour être considéré comme citoyen (donc le droit de vote) était de 65 ans, devrait-on oublier tous les moins de 65 ans? Or, comme ceux-ci n’auraient aucun poids politique, c’est ce qui risquerait d’arriver. Certes, le système proposé peut présenter des lacunes, notamment au niveau technique, mais les « principes sacrés » ne sont guère immuables. Il serait dangereux de le penser dans un monde progressiste.